Rendez-moi ma sécurité.

Crédit image : koaci.com
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Il semble que nos dirigeants soient des éternels amnésiques. Ils font des promesses, l’annoncent avec tambour et cymbale pour ensuite les oublier. Pathétique !

Bien le bonjour à vous, lectrices et lecteurs.

Il y a environ une semaine, nous avions été confrontés à une situation non anodine et très inconfortable dans mon quartier, Adidogomé, un quartier qui jadis, faisait bien partie des quartiers les plus sécuritaires de Lomé.

Qu’est-ce qu’elle me manque la période Commandant KAMBIA. C’était les années 2002 où cet officier supérieur, commandant du deuxième régiment d’infanterie sis à Adidogomé, faisait régner un ordre et une accalmie sans pareil. Vous connaissez Adidogomé ? Non ? Lisez ce billet-ci.  

Nous sommes dans ce quartier de Lomé où la criminalité prend de plus en plus d’ampleur sous le regard couard et moqueur de nos forces armées. La sécurité qu’on y a de nos jours n’est que virtuelle. On se demande si c’est vraiment des militaires que nous avons dans ce pays. Ou des hommes pleutres seulement capables de gazer des étudiants sur le campus ou des manifestants dans la rue.

 

Quoi de mieux qu’un plaidoyer de deux citoyens, Cédric et moi (lire ses billets, ici), qui, d’une seule voix interpellent, les autorités dirigeantes à plus de mesures de protection, aussi bien que vous, nos frères et sœurs à faire preuve de plus de prudence en cette fin d’année ?

Le plaidoyer du citoyen inquiet.

Oui je parle bien de l’insécurité, de celle qui règne à Lomé et ses environs depuis un moment. Cette insécurité cautionnée par le laxisme de ceux qui ont la charge de nous protéger. Ceux-là qui pour leur part bénéficient d’une escorte militaire, qui vivent dans de luxueuses maisons dans des quartiers goudronnés et décorés de lampadaires. A croire qu’il n’y a qu’aux nécessiteux qu’il est interdit de donner quoi que ce soit. Ceux-là qui ne conduisent ni vélo, ni moto dans les ruelles lugubres truffées de chômeurs vite reconvertis en malfrats des quartiers environnants de la commune de Lomé. Ils ont rendu le tablier avant même d’avoir commencé la tâche.

Ils sont pourtant les mieux payés, les plus privilégiés, oubliant qu’ils sont là pour nous servir et que c’est d’ailleurs pour ça que nous les payons de notre poche. De nos fonds collectifs dont nous leur avons confiés la « mauvaise gestion », que dis-je, la gestion.

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Où ont-ils laissé les pouvoirs régaliens de l’Etat ? Où ont-ils laissé le maintien de l’ordre public, la sûreté des biens et des individus ? N’est-ce pas là, l’élément indispensable de la vie en communauté. Il n’est pas moins important que chaque togolais mangent à sa faim, que les jeunes que nous sommes, après avoir été martyrisés sur les fameux campus universitaires de Lomé ou de Kara trouvions un travail à faire après cette si prisée Licence LMD qui n’a pas traîné en besogne pour nous montrer ses limites. Loin de moi l’idée de décourager mes jeunes frères et sœurs dont le rêve est de l’avoir, car quoi qu’on dise, seul l’espoir qui nous reste quand on a tout perdu. Mais là encore, ne peut avoir de l’espoir que celui qui vit.

Comment pourrait – on ne pas avoir peur pour sa vie, quand chez moi à Adidogomé, banlieue périphérique de Lomé, les gens se font braquer et holldoper à 20h, quand le pauvre conducteur de taxi moto dont la nombreuse famille attend le retour pour pouvoir survivre la soirée de plus que le bon Dieu aura bien voulu leur accorder, se fait fracasser le crane à l’aide d’un marteau par son passager pour sa Sanya CG-125, vieille de cinq ans déjà, quand ces délinquants munis de machettes coupent la route au monsieur de la cinquante qui a économisé des années durant sur son maigre salaire de la fonction publique pour voir un soir sa Toyota flambant neuve ( chère de sa sueur), lui dire au revoir à jamais?

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Et pourtant c’est bien dans mon pays que l’effectif des forces de l’ordre tend à rivaliser celui de la population civile. Qu’il vous plaise de me dire à quoi servent ces milliers de militaires casernés dans les multiples camps dont je me garderai de faire l’inventaire, ces centaines de policiers qui du matin au soir, fort de leur oisiveté sillonnent les ruelles de Lomé conduisant des motos sans plaques, comme pour dire «  mon treillis vaut doublement une plaque ».

A quoi bon verser mensuellement un salaire à ce beau monde, qui se ventant souvent de la dureté de leur formation militaire, ne peuvent même pas faire des patrouilles nocturnes dans nos quartiers délaissés à eux-mêmes ? Pourquoi après avoir bu de toute la journée des calebasses de boisson locale ( toukoutou), ne peuvent-ils pas la nuit, constituer des compagnies et faire la ronde ne serait-ce que pour dissuader ces malfrats qui grandissent dans l’impunité ?

Je vous admire beaucoup, vous voyant habillés en tenue kaki, épaules décorées de galons, parlant avec autorité et courage, alors mes chers officiers, commandants de nos multiples garnisons, prenez vos responsabilités.

J’en ai fini.

Bien à vous !

7 thoughts on “Rendez-moi ma sécurité.

  1. Il n’y a rien de pire que le fait de se sentir en insécurité chez soi. Ici au Cameroun, la police est aux abonnés absents. C’est même inutile de les appeler pour signaler un vol ou bien une agression. Les gars ne viendront jamais. Ils disent qu’il n’y a pas le carburant dans la voiture… Une fois, j’étais étudiant à l’école normale de Bambili dans le Nord-Ouest du Cameroun, des gars sont venus braquer. Ils allaient de cité en cité. On a appelé la police. RIen, personne ne s’est pointé. Le lendemain matin, les étudiants on organisé une marche de protestation. Et là, surprise: en un clin d’œil, la police était là. Gaz lacrymogène, arrestations, brutalité sur les étudiants… La police africaine se trompe vraiment de cible.
    Courage à vous là bas à Lomé.

  2. Une situation bien pénible j’imagine. C’est triste de voir notre ville s’enliser ainsi dans sa propre déchéance, et descendre lentement aux enfers, avec des forces « du désordre » aux abonnés absents (ou présents, c’est selon).

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