Togolais, tous à vélo ! (Partie II)

Crédit image : togoportail.com
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Faire du vélo au Togo est une activité menée très souvent individuellement, hors d’un cadre organisé. Souvent pour se déplacer d’un endroit à un autre : d’un village à un autre, de la maison à l’école, de la maison au marché. Parfois avec un copain de quartier, avec une amie qui a besoin d’être soutenue parce qu’elle aurait honte toute seule et parfois aussi en famille (un papa qui sort avec sa fille de 7 ans et son fils de 10 ans). A ce titre, d’aucuns la considèrent comme un sport, à partir du moment où elle est pratiquée dans les mêmes conditions de régularité et d’intensité, souvent les samedis matin entre 6h et 9h, en aller-retours entre la maison et un des terrains de football du quartier.

Par contre, faire du vélo au Togo en club ou en association est rare parce que ça implique un abonnement hebdomadaire ou mensuel, des cotisations, des entraînements réguliers avec un coach, une activité menée à un rythme soutenu, avec éventuellement l’objectif de réaliser des performances. Ceci demande un investissement en argent, en temps et en motivation. Beaucoup se demandent si cet investissement est possible, ils veulent s’éviter gaspillage, déception et découragement. Très souvent la précarité de leur situation financière,  l’hésitation et le doute les dissuadent d’y souscrire.

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Faire du vélo pour se faire plaisir

Avant toute autre chose, le plaisir doit être le facteur principal dans le choix d’une activité telle que le vélo. Sans ce sentiment de plaisir, il est difficile de persévérer ou de maintenir l’assiduité nécessaire aux progrès des performances et aux bénéfices sur la santé.

Ce plaisir peut prendre divers aspects : excitation immédiate ressentie lors des entraînements individuels ou en groupe, euphorie d’avoir réussi à battre son propre record, joie d’améliorer une performance personnelle ou simplement de se retrouver entre amis.

D’autres plaisirs peuvent également être ressentis avec le vélo : sensations extrêmes, contemplation d’environnements différents comme la haute montagne, les forêts, les falaises.

Faire du vélo pour se sentir séduisant

La beauté est une question d’époque, de mode et de culture. Mais de tout temps, les figures athlétiques ont servi d’étalon à la représentation physique. Choisir de faire du vélo pour plaire (ou se plaire) est donc compréhensible.

Ce bénéfice peut être ressenti même sans modification majeure de la morphologie : un ventre un peu plus plat, des jambes un peu plus fermes peuvent suffire pour que la personne ait une meilleure image d’elle-même et se sente plus confiante par rapport à ses capacités.

De plus, le simple fait d’avoir à effectuer une activité telle que le vélo, même sans grand bénéfice esthétique, donne une image de soi plus positive qui se retrouve également dans les regards renvoyés par l’entourage.

Faire du vélo pour gérer son stress

Le sport à vélo déclenche dans l’organisme la production d’hormones appelées endorphines. Ces hormones déclenchent chez l’individu une telle sensation de bien-être qu’une véritable dépendance peut s’installer. Le vélo oblige également à se concentrer sur autre chose que ses idées noires, son travail ou ses ennuis domestiques. Il permet d’avoir des moments pour soi-même, en dehors des tracas de la vie quotidienne.

Cette activité, quand elle se pratique en pleine nature, aide à s’évader, à changer d’horizon. Une manière de s’éloigner des problèmes, non pas pour les fuir, mais pour les aborder plus sereinement.

La compétition à vélo permet d’acquérir une meilleure confiance en soi et d’apprendre à gérer des moments de tension. Elle contribue améliorer sa capacité à prendre du recul, capacité qui est clef dans la gestion du stress.

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Faire du vélo pour rencontrer les autres

Le vélo se pratique souvent seul, à deux ou en groupe. C’est une occasion de se retrouver entre amis ou de faire de nouvelles connaissances. Le vélo aide parfois à rompre l’isolement. Les personnes qui préfèrent les activités individuelles aux sports collectifs ont néanmoins la possibilité de les pratiquer dans le cadre d’un club, où elles pourront rencontrer d’autres amateurs et participer à des épreuves au sein d’un groupe.

Il est tout à fait normal de rechigner parfois à faire de l’exercice à vélo : rester chez soi semble une bien meilleure solution lorsqu’il fait chaud, froid ou lorsqu’il pleut ! Un sport comme le vélo, qui procure vraiment du plaisir, fera vite oublier le petit effort nécessaire pour surmonter cette difficulté et, après la séance, laissera une impression de victoire sur la tentation de rester chez soi.

Nous sommes d’accord ? Oui ? Alors, tous à vélo !

Bien à vous !

3 thoughts on “Togolais, tous à vélo ! (Partie II)

  1. Bonjour,

    Merci pour l’article. Très intéressant.
    Je suis moi-même à Lomé, après avoir habité au Canada et en France, notamment. Je regrette amèrement de ne plus être en mesure de faire du vélo aussi souvent; pour le plaisir, pour aller au travail, pour la remise en forme. Les conditions de sécurité, les routes/pistes en mauvais état, le climat, la noirceur qui tombe dès 18h, sont autant de freins.
    Pourtant, quand je vois la quantité de motos, qui draine toute la population des quartiers nord vers le centre-administratif et qui crée déjà des embouteillages énormes matin et soir, je ne peux que penser que de sera pire au fur et à mesure que les gens auront des voitures.
    Il n’y a aucune infrastructure pour encourager l’utilisation du vélo, qui aurait des bénéfices pour la santé, le climat, la congestion routière, l’économie (plutôt que de dépenser toutes nos économies pour l’achat de motos chinoises et du carburant). Même la SOTRAL, ne bénéficie pas de voie prioritaire, et reste constamment bloquée dans les bouchons.
    La route d’Agouè a été refaite, très large. La voie qui descend vers la lagune jusqu’au boulevard circulaire et en réfection. Même si cela n’a pas été planifié, il n’est pas trop tard pour demander/exiger l’aménagement de voies cyclables dans ces secteurs. Avec quelques lampadaires solaires, des stationnements à vélo sécurisés, voir à terme des infrastructures sanitaires, le visage de Lomé pourrait changer positivement, et améliorer la qualité de vie de ses citoyens, et devenir un modèle dans la sous-région.

    Y a-t’il une association de vélo à Lomé qui plaide et travaille pour ce genre d’initiatives? Si non, je veux bien participer à sa mise sur pied.

  2. Bonjour,

    Merci pour l’article. Très intéressant.
    Je suis moi-même à Lomé, après avoir habité au Canada et en France, notamment. Je regrette amèrement de ne plus être en mesure de faire du vélo aussi souvent; pour le plaisir, pour aller au travail, pour la remise en forme. Les conditions de sécurité, les routes/pistes en mauvais état, le climat, la noirceur qui tombe dès 18h, sont autant de freins.
    Pourtant, quand je vois la quantité de motos, qui draine toute la population des quartiers nord vers le centre-administratif et qui crée déjà des embouteillages énormes matin et soir, je ne peux que penser que de sera pire au fur et à mesure que les gens auront des voitures.
    Il n’y a aucune infrastructure pour encourager l’utilisation du vélo, qui aurait des bénéfices pour la santé, le climat, la congestion routière, l’économie (plutôt que de dépenser toutes nos économies pour l’achat de motos chinoises et du carburant). Même la SOTRAL, ne bénéficie pas de voie prioritaire, et reste constamment bloquée dans les bouchons.
    La route d’Agouè a été refaite, très large. La voie qui descend vers la lagune jusqu’au boulevard circulaire et en réfection. Même si cela n’a pas été planifié, il n’est pas trop tard pour demander l’aménagement de voies cyclables dans ces secteurs. Avec quelques lampadaires solaires, des stationnements à vélo sécurisés, voir à terme des infrastructures sanitaires, le visage de Lomé pourrait changer positivement, et améliorer la qualité de vie de ses citoyens, et devenir un modèle dans la sous-région.

    Y a-t’il une association de vélo à Lomé qui plaide et travaille pour ce genre d’initiatives? Si non, je veux bien participer à sa mise sur pied.

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