Vie d’étudiant togolais…

Crédit : cyrillenuga.mondoblog.org
Crédit : cyrillenuga.mondoblog.org

Bien le bonjour à vous,
Quand tu traînes trop avec les ami(e)s Camerounais hein ? Ton style change mais tu ne sais pas. C’est la corruption à la Biya ?
Tenez, quand j’étais étudiant (comme si je ne l’étais plus), un matin j’arrive au campus pour un cours à 7h.

Il y a un groupe d’étudiant coalisé devant le décanat. Massa ! Dans ma tête je me suis dit, ça y est les tranches sont sorties. Je marche un peu vers la foule. J’entends un étudiant dire : UTB adéwui est déjà plein. UTB adidogomé aussi. Moi, je vais à UTB caisse.

J’avais donc raison. N’est-ce pas que mon célibat a trop duré ? Je me suis dit, yes. Je vais couper la tête du serpent-ci, ce soir. Je sors mon téléphone, je compose le numéro d’Edwige. Ça sonne, elle ne décroche pas. Je compose encore. Elle ne décroche pas.

Je dis mouf. Elle fait sa maline. Je vais aller chercher mon argent. Si elle ne veut pas manger. Quelqu’une va manger.

Le sempiternel piéton devant l’éternel que j’étais, fait le calcul : campus – UTB Assiganmé. UTB Assiganmé – Campus. Campus – Adidogomé. (Je sais c’est loin. Mais, je veux vite prendre mon argent. C’est le mien. Je le prends où je veux. Ou bien ?)

Je refais le calcul mentalement. Mon égo me dit : « Petit, laisse ça. Tu fais campus – UTB Assiganmé, puis UTB Assiganmé – Adidogomé. » Je d’accorise.

Je prends donc un taxi. A ma grosse surprise que des étudiants. Je fais semblant. Les gars, c’est comment ? Avec un sourire prudent, ils me répondent en chœur. Tchalé, cool. On s’en va à Assiganmé ça. Moi : Ha bon ? Pourquoi ? Le plus petit m’a cubé : djo, toi-même tu sais…

C’est confirmé. L’argent est là. On arrive à UTB – Assiganmé. Mon téléphone vibre. Je le sors. Je vérifies. C’est Edwige qui me bippe. Je la rappele.

Moi : allô chérie. Ça va ?
Elle : oui et toi ?
Moi : oui ça va. On se voit au restaurant à côté de chez toi ce soir ?
Elle : oui, oui, oui.
Moi : à ce soir.
Elle : bisous.

Je me remets dans la queue. Mon tour arrive, je cherche mon numero de compte. Je ne trouve pas. Je fouille mon sac. Rien de rien. Donc je suis sorti sans ça ? Hein ?Heureusement, je l’ai enrégistré dans le brouillon de ma messagerie. Je donne le numéro. La dame tape. Elle me dit : monsieur, compte vide. Je lui dis : quoi ? Impossible (lire en anglais). Vérifiez encore s’il vous plaît. Elle tape encore. Là, elle m’a toisé : Compte vide, je vous dis.

Je sors discrètement de la salle. Avec un gros sourire comme pour faire croire aux autres étudiants que j’ai pris mon argent.

Je ne suis pas rentré à Adidogomé. Je suis reparti suivre mon cours kpooo. Au moins je n’aurais pas perdu toute ma journée. J’ai envoyé un sms à Edwige pour lui dire que j’ai attrapé une grippe. Elle ne m’a pas répondu. Pire, on ne s’est plus vu.

Vous savez, un étudiant à l’université de Lomé, un vrai, a toujours un compte en banque lisse comme la tête d’un chauve. Tellement qu’il a fait des calculs méticuleux dessus, ce compte est toujours vide 3h après qu’il ait appris que les tranches sont sorties.

Ce matin, une certaine Edwige m’a écrit sur facebook. « Guillaume comment tu vas ? Tu deviens quoi ? J’ai lu un billet qu’une de mes amies a partagé sur son mur. J’ai voulu voir qui en était l’auteur. En passant, joli costume sur ta photo avec Gerry. Il paraît que tu travailles avec les gars de Rfi maintenant ? On se voit quand ? Tu bois quoi ? C’est moi qui offre. »

Donc, c’est moi qu’on invite maintenant ? Hein ? C’est pas beau ça ?

Bref… Ça m’a rappellé un dîner que je n’ai jamais honoré. Et qu’un jour j’ai eu un compte vide à UTB.
Fructueux mois de Juillet et bon semestre à toutes et à tous.
Bien à vous !

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