De l’encouragement de l’impudicité

Crédit : tak.00221.info
Crédit : tak.00221.info

Bien le bonjour chers tous,

Hier soir, je disais à mes cousines que ces petites culottes qu’elles portent pour sortir, sont faites pour être portées à la maison et donc ne sont pas dignes d’elles. Je n’ai pas terminé ma phrase qu’elles m’ont hué et conspué. Elles m’ont taxé de sorcier, d’homme moyenâgeux, d’homme de la pierre taillée et polie, d’un homme de la Old school. Et que les robes de bonne sœur, les jupes jusqu’aux genoux, les jeans sans taille basse qui ne sortent pas les rondeurs, les chemises qui couvrent tout le corps : tout ça, c’est fini. Que c’est l’époque où il faut montrer ses seins, ses fesses, ses reins, ses cuisses. Hourraaaaaa… Bienvenue la nudité !

Alléluia.

J’ai ri ! Et j’ai dit seulement : Seigneur pardonne leur, car elles ne savent pas ce qu’elles font.

Amen !

La société Togolaise s’est complètement métamorphosée entre les novelas et les séries de hollywood.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les filles copient tout sur l’occident. Elles se livrent à l’impudicité avec les jeans taille basse, les mèches brésiliennes, les faux cils et les chemises courtes.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les filles préfèrent perdre leur temps devant leur miroir que de lire un ouvrage.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les premières bénéficiaires des politiques de parité genre, d’émancipation, sont les premières à les rejeter par leur niveau de culture étriqué.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où on tue des hommes pour faire de la place aux animaux.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où lorsqu’on veut prouver sa masculinité, on se cache derrière les convenances sociales pour aimer.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes ne savent plus faire de distinction entre les pronoms personnels, toniques, démonstratifs, interrogatifs. Où un jeune ne peut pas formuler une seule phrase complète sans faire de faute.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes préfèrent passer plus de temps à changer leurs photos de profil Whatsapp ou Facebook, qu’à lire leur cours.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les greniers des cultivateurs sont plus riches et actualisés que nos bibliothèques d’université.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les taux de réussite au baccalauréat sont ajustés et réajustés pour faire de nos universités des réceptacles de cancres.

Aujourd’hui nous sommes dans une société qui se contente de faire des jeunes diplômés, des experts en chômage.

Aujourd’hui nous sommes dans une société qui ne se préoccupe plus du bien-fondé de la culture de l’excellence. Celle qui préfère le favoritisme au mérite.

Aujourd’hui nous sommes dans une société qui veut transformer les filles en marchandise cessible de génération en génération.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où lorsque le Seigneur s’est reposé le septième jour, les chinois ont pris le relais et nous ont pondu ces vêtements qui dévoilent plus qu’ils ne cachent.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes connaissent mieux le nom des bars et des boîtes de nuit que celui de leurs professeurs.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes connaissent mieux l’emplacement des plages aménagées comme le fond de leur poche, que l’emplacement de l’institut Français, du centre culturel Américain ou du Goethe institute.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes se plaignent plus de la mauvaise connexion qui ne fait pas fonctionner leur whatsapp en salle de cours que de leur mauvaises conditions d’études.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes ne savent plus ce qu’est une bibliothèque, ou une librairie.

Aujourd’hui nous sommes dans une société où les jeunes connaissent mieux le prix du dernier Iphone, Samsung Galaxy que le prix d’un recueil de poésie.

Mais que voulez-vous que leur parents qui sont des Directeurs, des Inspecteurs, des Collaborateurs leur disent, lorsque eux-mêmes passent plus de weekend à Kpalimé où Notsè en retraite spirituelle ou cul-turelle avec les nouvelles stagiaires ?

Mais que voulez-vous quand les autorités encouragent la médiocrité en finançant plus les activités de distraction avec Moov et Togocel pendant que nos bibliothèques sont vierges ? Mais que voulez-vous quand le divertissement prend le dessus sur l’éducation ?

Mais que voulez-vous quand nos Ministres de la Culture, de la Communication, de l’Emploi des Jeunes cautionnent l’inexistence des salles de cinéma, encouragent l’indécence de nos artistes clochardisés qui passent sur RTDS ou TV2 ou LCF, et se font invisibles quand il s’agit de déterminer une politique culturelle instructive ?

C’est alors que m’a conscience m’a interpellé : Sénamé. Sénamé. Sénamé. Tu es sur que tes parents ne t’ont pas adopté ? Que tu n’es pas né Allemand ou Namibien ? Parce que tu sembles ne pas être un bon Togolais.

Un bon Togolais se tait ! Le chemin de Singapour, celui qui nous mène vers l’émergence en 2030 est long. Laisses les autres arpenter dans le cul-turel, dans la joie et la bonne humeur.

Fais comme tous les autres. Tais-toi ! Ferme ta mandibule, fils indigne. Contemples ces mèches, ces seins, ces fesses, ces cuisses, ces strings au vent, ces dos si beaux et qui vont, fiers, libres et nus.

Amen !

Bien à vous !

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