Visage de filles.

De l’absence d’humanité

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Nous sommes une nouvelle génération de drogués. Drogués par les insolites. Drogués par les réseaux sociaux. Drogués par les « j’aime ». Drogués par le « m’as-tu vu ? ». Drogués par la condescendance. Drogués par le virtuel. Drogué par le paraître au détriment d’être.

Mardi, 17h TU, à 8000 km du Togo, la fluidité de la connexion 4G d’Orange me permet de télécharger tout et n’importe quoi. Soit ! Dans ce ramassis de fichiers, ma galerie me sert une vidéo envoyée dans un groupe whatsapp. Tout curieux, j’ouvre le fichier. Indignation !

Un homme, étranger sans aucun doute, sachet à la main contenant des épices écrasées, encouragé par d’autres zozos de son espèce, intime l’ordre à une jeune fille d’écarter ses cuisses pour qu’il verse le contenu du sachet dans ses entrailles. Barbarie !

Selon les recoupements, la jeune fille aurait volé un collant. Subir ce traitement à cause d’un collant de 1500fr maximum ? Aberration !

C’est dégradant comme traitement. Obliger une fille à se déshabiller devant une foule, la filmer de surcroît. Une véritable atteinte à la dignité. Et ces personnes dans un Etat normal doivent être punies pour leurs actes. C’est bien en des moments comme ceux-ci que je souffre dans ma chair de n’être pas détenteur de l’autorité et des pouvoirs nécessaires pour agir avec célérité et rigueur. Foutaises !

Mais, je pousse le débat plus loin pour m’interroger sur l’influence des réseaux sociaux sur le genre humain. Aujourd’hui, les gens sont plus prompts à sortir leur portables et à filmer des scènes horribles, au lieu de s’interposer. Les insolites sont devenus tellement importants qu’on perd tout sens d’humanisme. Il aurait juste fallu que plus de la moitié s’interpose que cette fille n’aurait pas été ainsi traitée.
C’est de la non-assistance à personne en danger. Mais ils ne s’en rendent pas compte.

Le Togo, pays de l’impunité. Comme quoi la corruption a tellement pris la part belle que même les étrangers, se font rois. A Lomé, notre économie nous échappe. Nous sommes juste à la merci des étrangers. Et on les aime, on les adule, on a peur d’eux. Grand Marché, pour les Zarmas. Hédzranawoé, pour les Ibos. Fast-food, pour les Libanais. Port autonome, c’est pour eux. Nous même on est où dans tout ça ? On est donc bon à rien ?

Quand les gens arrêteront de penser à faire une vidéo quand quelqu’un serait en train de mourir d’un accident, au lieu d’appeler le 118. Quand les gens n’auront plus pour réflexe de sortir leur téléphones lorsque des gens seront en train de s’entretuer. Quand les gens n’auront plus comme première idée en tête de filmer une scène lorsqu’un clochard serait en train de battre sa femme à sang. Et qu’à la place, ils s’interposent, alors on aura fait un pas. Quand les gens penseront à supprimer automatiquement ces vidéos vils plutôt que de les partager sur les réseaux sociaux, alors là nous aurons avancé. Oui, ce n’est qu’à ce moment qu’on aura fait quelque chose de bien dans ce monde truffé de personnes malveillantes. Simple soit-il mais plein de sens !!!

Bonne semaine les drogués.

1 thought on “De l’absence d’humanité

  1. Hahaha. C’est vraiment bizarre ce phénomène de e-réputation auquel nous assistons. On veut être de supers témoins avec des preuves à l’appui. C’est en ces moments que je regrette de ne pas être dans les favelas en Amérique du sud parmi les gangs pour voir les plus courageux témoins. Mdr

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