Top 7 des inaperçus à Dakar

Les blogueurs de la plateforme Mondoblog propulsés par Rfi se sont retrouvés entre la période du 27 Novembre au 6 Décembre dans une ambiance bon-enfant à Dakar. Zoom sur quelques moments, pas connus de tous, que je vous propose dans un classement.


Top 1 : du GMT + 2.

J’ai eu et j’ai toujours du mal à croire que le Sénégal, Dakar soit dans le même fuseau horaire que le Togo. Le petit coutumier des réveils matinaux en a eu pour son compte pendant ces 10 jours passés à la Téranga. Je pensais que mes potes qui vivent à Dakar et qui perturbent souvent ma nuit avec des messages whatsapp à 1h du matin, forçaient un peu trop sur l’alcool. Mais, j’avais tort. En réalité, on pourrait croire que Dakar a 1 ou 2 heures de moins que l’heure GMT. Parce que quand il est 6h à Dakar, on pourrait croire qu’il sonne 4h à Lomé. Il y a encore du brouillard à 7h du matin, alors qu’à cette heure à Lomé, il fait complètement jour et presque tout le monde est déjà à son bureau ou à son école.

J’ai essayé de comprendre, on m’a expliqué que c’est une des raisons pour laquelle l’heure officielle d’ouverture des bureaux est fixée à 9h à Dakar. Je ne serai donc pas surpris qu’un jour on annonce que Dakar n’est plus considéré comme étant dans le fuseau horaire GMT. Pardon, à ce moment pensez à m’attribuer le mérite de cette découverte. C’est le fruit de mon effort intellectuel. On ne sait jamais !


Top 2 : de la répartition des groupes.

Déjà vendredi, il y a eu de nombreux blogueurs qui sont arrivés et qui se sont installés à l’espace Thialy. A ces derniers, se sont ajoutés d’autres qui sont arrivés le samedi matin. Le soir du samedi, il n’y avait plus de logement disponible. Les délégations qui sont arrivés, ont été obligées de s’installer à Keur Mithiou. C’est par téléphone que Manon annonçait à Aphtal qu’il lui revenait en tant qu’ancien de superviser ce groupe. Coup de fouet !

C’est à table que la nouvelle est tombée. Et j’ai pu entendre un blogueur dire à un autre :

Kamer A : gars, c’est Aphtal qui doit gérer les pépites là ? Quelle chance. Mince ! Celles que je voulais rencontrer seront toutes là-bas.

kamer B : djo, laisse seulement. Ces des geeks par là. Il n’y a même pas de pépite à coller.


Top 3 : de la Sape comme jamais.

Au départ, beaucoup ne prenaient pas au sérieux cette formation. Et pour preuve ! Ils sont arrivés avec des chemises et pantalons froissés. Sans doute dû aux secousses des bagages dans la soute de l’avion. Mais ça ne les dérangeait pas. Il a fallu que le Congolais Jean Hubert Bondo attire l’attention des organisateurs sur la nécessité de nous trouver un fer à repasser avant que le côté sérieux de la chose ne transparaisse.

Cette doléance du congolais a confirmé cette idée souvent véhiculée : les congolais aiment la sape. Ils sont les rois de la sapologie.


Top 4 : de l’improvisation à la perfection.

L’extrême prudence des formateurs dans une ville que beaucoup ne maîtrisaient pas a conduit à l’annulation de toutes les activités extérieures. Le traumatisme et la psychose liés aux attentats de Paris, de Beyrouth et de Bamako étaient encore vifs dans les esprits. L’annonce de l’annulation de la visite collective sur l’île de Gorée a fait souffler un vent de déception. Ce vent a fait de l’effet sur tous les visages. Notre séjour qu’on trouvait équilibré entre les formations et les sorties d’après le programme, ne l’était plus. Nous n’avions eu en aperçu que des journées de formation à un rythme militaire. Il fallait donc rompre le déséquilibre qui s’installerait. Place à la créativité ! C’est à ce stade que Wence et Aphtal firent leur entrée en scène.

Il est 20h30′, une séance de dibi est improvisée. Où ? Personne ne sait. Quand ? Tout de suite. A quelle dibiterie ? On va en trouver. Rendez-vous à l’angle de la rue dans 10min.

Wence, Benjamin, Gilbert,  Renaud, Aphtal et Guillaume.
Wence, Benjamin, Gilbert, Renaud, Aphtal et Guillaume.

C’est ainsi qu’Aphtal, Wence, Gilbert, Benjamin, Renaud et moi, nous sommes retrouvés chez la Congolaise. Présentation, premières impressions sur le Sénégal, débat sur le blog, visibilité sur les réseaux sociaux, historique de Mondoblog, quotidien au pays, les petites à coller, blagues. Etc… Encouragés par quelques bières de trop, tout y est passé. La soirée a été plus réussie qu’on l’avait imaginé au point où le lendemain nous avions renouvelé cette rencontre nocturne. Mais ce dont on pouvait se douter, c’est que la congolaise n’était pas connu que de nous. Drôle de surprise ! Habib, Jeff, Guy, Eric, Didier, Alain et Steves connaissent la fraîcheur des bières de la congolaise. C’était une drôle de coïncidence que de tomber sur eux à cet endroit.

Avec la présence de Fotso, toutes les nationalités étaient représentées. On a donc pu comparer le goût des bières dans nos pays respectifs et chez la congolaise. Fotso qui était enrhumé et fiévreux avant d’arriver chez la congolaise, s’est retrouvé très en forme avec un large sourire aux lèvres après 3 bières. Qui dit que la bière n’a pas de propriété thérapeutique ? Ça mousse, ça saoule et ça guérit. Cette ambiance nocturne se prolongeait souvent jusqu’à 3h du matin. Et c’était la cause principale de nos sommeils courts. L’ambiance était tellement jouissive qu’on a réussi à faire traîner l’ainé René avec nous, un soir.


Top 5 : de la soif de connexion.

Celle-là, même le tout-puissant Ziad ne l’a pas vu venir. Les Camerounais pensent que leur accent est le plus bizarre ? Fatal error ! Les amis Haïtiens ont battu le record.

Il m’a fallu aussi bien dans des discussions avec Eliphen, Webert, Widlord et Noël, leur demander de répéter leur phrases deux à trois fois avant de cerner le contenu de leur formulation. Il m’est arrivé de penser à un moment donné qu’ils font exprès et que quand on aime autant la linguistique, c’est ce qui arrive : on joue avec la logique dans la tête des autres.

Cet accent constituait une barrière pour vite faire passer des codes secrets. C’est ainsi qu’au troisième jour de la formation, pendant que Ziad se tuait à actualiser, (re)actualiser, (re-re)actualiser sa page, implorait même le ciel pour que la connexion soit clémente, nos cousins haïtiens surfaient tranquillement sur la fréquence sécurisée qui n’était accessible qu’aux formateurs. Par coup de chance, un haïtien ayant le sens du partage m’a donné le mot de passe que j’ai saisi et qui a marché. Il n’a pas manqué d’ajouter avec fierté : we are crackers ! C’est ainsi que j’ai pu surfer aussi pendant la troisième journée de la formation. Mais, ça c’était avant que nos cousins les brouteurs ne connaissent le mot de passe du wifi le quatrième jour de la formation. Ne cherchez pas loin, le mot clé dans leurs actes c’était « téléchargement ». En effet, quand les ivoiriens ont connu le mot de passe, ils passaient la majeure partie de leur temps à télécharger je ne sais quoi. Ce qui saturait le réseau et rendait les internets inaccessibles. J’ai été obligé de dire à l’un deux à un moment donné :

djo, petit signal que nous tous, on partage un peu, un peu, toi tu bloques ça ? Mais pourquoi tu es mauvais comme ça ?

Il faut retenir qu’il y a eu un esprit de partage malgré qu’on ne se connaisse pas pour la plupart avant Dakar. Il n’y avait pas de connexion pour nous. La soif était tellement incontrôlable qu’on a dû en trouver nous-mêmes. Souffrez ! Vous dites que les ivoiriens sont des pirates devant les nigérians ? Non. Ça, c’est mort.


Top 6 : des mauvais élèves.

L’hygiène corporelle est importante pour les petits mais encore plus pour les grands. C’est ce qui est enseigné en cours d’Education Civique et Morale à tous les élèves du cours primaire.

Avec mes colocataires Arnaud et Renaud, nous avions décidé le soir du dimanche après notre retour de l’AUF, soir où il y a eu crime contre nos intestins avec des coquillettes et des crevettes sur la terrasse de l’espace Thialy, de nous réveiller tôt chaque matin pour prendre nos bains avant que l’entrée de la douche ne connaisse une longue queue. Parce qu’à l’étage où nous étions, il n’y avait qu’une seule douche pour 5 chambres.

Déjà à 4h30′ le lendemain, notre horloge humaine j’ai nommé Renaud, après avoir pris sa douche, nous a réveillé avec du jazz que vomissait son ordinateur. C’est ainsi que nous avions pu prendre notre douche tranquillement et nous préparer pour le premier jour de formation. Le mardi, second jour de la formation, nous nous sommes réveillés moins tôt c’est-à-dire à 5h30′ parce que nous avions passé la majeure partie de la soirée à commettre un crime contre la famille des bières gazelles chez la congolaise. Le mercredi, nous nous sommes réveillés moins tôt que la veille à 6h30′ après une rude soirée de braconnage sur flag, castel et gazelles. Il en était de même pour le Samedi matin, après la soirée de la veille à la calebasse pour certains, la soirée à la calebasse puis à une dibiterie pour d’autres, la soirée à la calebasse puis en boîte de nuit à castel pour d’autres encore, où n’étant pas confronté à une longue queue devant les toilettes comme on l’avait prévu et espéré, nous avions conclu à l’unanimité qu’il y avait certains qui ne se douchaient pas.

Pour nous, Arnaud, Renaud et moi, c’était les mauvais élèves qui donnaient du fil à retordre à leurs professeurs de cours primaire. Ils profitaient du prétexte de l’harmattan pour ne se doucher qu’une fois au retour de l’AUF.


Top 7 : du café touba.

Vous savez, quand vous faites la compagnie d’un certain Salaud Lumineux, petit fumeur devant Ziad Maalouf, Ziad Maalouf lui-même petit fumeur devant Laurent Sadoux, vous avez de fortes chances de devenir fumeur. A défaut, de fumer proprement pour une fois dans votre vie. Lucrèce vous promet !

Le Salaud Lumineux alias Wence, toujours souriant avec quelques blagues pour te tuer est celui dont j’ai apprécié fortement la compagnie durant ce séjour. Non seulement pour cette façon imagée qu’il a de raconter certaines expériences où tu as l’impression de t’y retrouver mais également pour cette facilité qu’il a de rompre le silence. Entre deux pauses, plutôt que traîner comme des écoliers sans repères dans les couloirs, il nous emmenait (Aphtal et moi) chercher une tasse de café touba. Le temps de détendre nos muscles qui se sont contractés, de recharger nos forfaits mobile Orange 3G et de blaguer un peu sur les strings des étudiantes de l’université Cheick Anta Diop séchés à la fenêtre de leur chambre de cité. Et visible à distance !

C’est ainsi qu’on se retrouvait toujours de bonne humeur avec ces multiples blagues d’Aphtal qui déclenchaient des torrents de rire. L’accent sénégalais qu’ils (Wence et Aphtal) reussisaient à imiter sans difficulté était le secret de ces blagues réussies.


Guillaume, Eyram, Aphtal et Wence.
Guillaume, Eyram, Aphtal et Wence.

Cette aventure à Dakar a été également une expérience formidable grâce à ces amis togolais et camerounais : Edem, Tete (le monument vivant), Eyram, Kelly (papa Tech), Samson, Saïd, Guevanis, Leyopar, Elsa, Ralph, la grande sœur Corinne et surtout le grand-frère Roger qui nous a fait goûter de bons plats Sénégalais. Veuillez trouver en ces lignes l’expression de ma profonde gratitude.

Au nom de ces bons moments passés et de ces bières non-consommées à satiété sur le balcon, je vous promets de revenir. Bah, quoi ? Je suis gourmand. Oui, j’avoue.

Bonne fin d’année 2015 et heureuse nouvelle année 2016.

A très vite !

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