G20 : poutine pas trop team.

Crédit image : lemonde.fr
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A la demande de la Première ministre d’Australie, Julia Gillard, lors de l’édition 2011 du sommet du G20 de Cannes, l’Australie a été désignée pour être hôte du sommet en 2014. C’est donc sans grande surprise que le sommet du G20 de 2014, la neuvième réunion du Groupe des vingt, a eu lieu à Brisbane, en Australie, les 15 et 16 novembre 2014.

L’occasion fait le larron.

Avant même son ouverture officielle samedi dans cette ville de l’est de l’Australie, et tout au long des deux jours de réunions, les pays anglo-saxons n’ont pas manqué une occasion de critiquer la Russie. Ces critiques de part et d’autre ont mis le président Russe dans une position très inconfortable. En effet, le climat politique international présageait un sommet sous tension à Brisbane. Alors même que l’Otan a confirmé la semaine dernière les affirmations de Kiev accusant la Russie d’avoir déployé des troupes et des équipements militaires russes dans l’est de l’Ukraine contrôlé par des rebelles prorusses, la Russie nie toute implication dans la nouvelle escalade des tensions dans l’est de l’Ukraine.

D’Obama à Harper, de Merkel à Hollande. M. Poutine ne pouvait que se sentir mal à l’aise. En effet, le président américain Barack Obama a évoqué « l’agression russe contre l’Ukraine qui représente une menace pour le monde ».

La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu elle que l’Union européenne envisageait d’infliger des sanctions financières à de nouvelles personnalités russes.

Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a été brutal. « J’imagine que je vous serrai la main, mais je n’ai qu’une chose à vous dire: vous devez partir d’Ukraine », a-t-il dit au président russe. Ce à quoi Poutine n’a pas manqué de répliquer. Sa réponse n’a pas été positive. M. Poutine a rétorqué en ces termes: « C’est impossible puisque les Russes n’y sont pas », selon un porte-parole russe.

Plus diplomate, François Hollande s’est dit prêt à poursuivre le processus de discussion initié début juin en Normandie avec les présidents russe et ukrainien et la chancelière Merkel, mais lors d’un entretien bilatéral avec Vladimir Poutine, il a ajouté une condition: « Que cela aboutisse ».

L’imbroglio autour de la livraison de deux porte-hélicoptères de fabrication française à la Russie n’a pas été évoqué par les deux dirigeants, a-t-on indiqué dans l’entourage du président français. Ce que le président Hollande lui-même a confirmé lors d’une conférence de presse.

Tout au long du week-end, il en a été ainsi les échanges entre M. Poutine et les autres dirigeants. Certains étant parfois plus directs.

Le président russe a notamment remercié le Premier ministre australien et hôte de l’événement Tony Abbott pour son accueil. Ce qui ne l’a pas empêché de lui griller la politesse en faisant sa conférence de presse avant celle de M. Abbott.

Dimanche matin encore, Etats-Unis, Australie et Japon se sont dits « résolus (…) dans l’opposition à la prétendue annexion de la Crimée par la Russie, et aux actions de déstabilisation (de Moscou) dans l’est de l’Ukraine » à l’issue d’une réunion trilatérale.

Toutes ces critiques ont emmenés le président Russe à quitter le sommet G20 de Brisbane plus tôt que prévu.

Un départ précipité.

Vladimir Poutine a quitté Brisbane dimanche dernier, un peu avant la fin officielle d’un sommet du G20 extrêmement tendu en raison des différends entre Moscou et l’Occident sur l’Ukraine, qui ont éclipsé les débats économiques des dirigeants des pays les plus puissants du monde. L’Iliouchine présidentiel russe a décollé aux alentours de 14H15 (04H15 GMT), peu avant la publication du communiqué final du sommet. Le président Poutine a justifié son départ précipité par un manque de sommeil. M. Poutine, d’ordinaire prompt à afficher sa vigueur physique et sa virilité, a expliqué avoir quitté le sommet de Brisbane bien avant ses homologues en raison de son besoin de sommeil.

« Pour aller d’ici à Vladivostok, il faut neuf heures d’avion, et encore neuf heures pour faire Vladivostok-Moscou. Ensuite, nous devons rentrer à la maison. Nous avons besoin de dormir au moins quatre ou cinq heures », a déclaré l’homme fort de la Russie à des journalistes russes.

Arrivé sur le tarmac avec le sourire et d’un pas alerte, Vladimir Poutine ne semblait visiblement pas fatigué, selon des images diffusées par les organisateurs du sommet. Il est même allé serrer la main de deux motards de son escorte et a posé aux côtés de membres du personnel de sécurité pour une photo souvenir, avant de monter dans l’avion.

Les raisons de ce départ véloce se trouvaient sans doute ailleurs.

Bien à vous !

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