Incapables ! Pensez un peu à Adidogomé.

route

Adidohood, oui c’est bien ça ! Adidohood, si vous l’entendez quelque part n’imaginez pas toute suite une banlieue des Etats-Unis ou de l’Angleterre. Ni une portion huppée d’une ville, comme on le voit souvent dans les séries de Hollywood, où la quiétude et la joie de vivre sont au quotidien. Ah ! Non surtout pas, c’est bien, un quartier de Lomé. Ce faubourg à cinq kilomètres du centre-ville de Lomé, où les forages font lois, où les dos d’ânes sont rois, où la double vente de terrains fait des proies, où la canalisation d’eau est une croix, c’est chez moi.

La tranquillité publique y est tellement effective, qu’aucun Grand de ce pays, ou presque, n’y habite. Etrange n’est-ce pas ? Bah ! oui, quel député voudrait sortir sa voiture toute propre le matin et faire un détour de plusieurs mètres chaque fois, évitant la boue et les flaques d’eau, avant de trouver la nationale ? Quel ministre voudrait supporter la pollution sonore des églises sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Quel Directeur d’administration publique, espérant sa nomination dans le prochain gouvernement, voudrait que sa télé s’éteigne et se rallume quelques minutes après en plein journal de 20h sur la TVT (TéléVision Togolaise) ? Quel Directeur de cabinet voudrait passer une heure à attendre l’ouverture de sa boîte mail à cause d’une mauvaise connexion internet ?

Eh ! Oui ils aiment tous le confort et pourtant, même si cher elles sont, ce n’est pas des parcelles qui manquent à acheter ni des maisons déjà construites. Mais non ! c’est le supplice qu’ils doivent vivre au quotidien qui les effrayent. Ils préfèrent laisser la population se débrouiller avec le soit disant minimum vital sans penser à une quelconque amélioration.

Bon, voilà je sortais de chez moi Vendredi matin après une terrible pluie, on aurait cru que le ciel était troué ce matin là. Tellement qu’il a plu toute la nuit et qu’il continuait de pluviner encore. Comme à l’accoutumée, j’ai pris le temps de tracer un trajet dans ma tête. Je ne voulais surtout pas de mauvaise surprise. Ah! Non, pour ce cours de mission avec le vice président de l’université de Kara, j’ai pris le temps de préparer mon costume. Il ne fallait surtout pas que j’arrive en salle mouillé et recouvert de boue. Au grand jamais! J’ai donc sortis ma moto, j’ai passé le chiffon dessus moins longtemps que d’habitude, en me disant dans ma tête de toute façon jusqu’à ce que je ne trouve la nationale goudronnée (le boulevard du 30 Août), elle sera sale. Pourquoi se gêner donc ? Comme un bon citoyen, j’ai toute suite mis mon casque et démarré ensuite ma moto. Plutôt que de passer par les deux principales axes qui s’ouvrent sur ma maison, que dis-je, la maison de mon père, j’ai commencé à faire le tour de mon quartier. J’arrive au niveau de l’église catholique, je la contourne et je prends la voie qui rejoint la fameuse route de terre battue de la CEDEAO. Cette route tellement vaste qu’elle pourrait être comparée à une de San Francisco si d’aventure on finissait par s’en rappeler. Depuis bientôt 10 ans que je suis dans ce quartier, on attend simplement qu’il pleuve pour venir draguer la voie. Posant de sérieuses difficultés d’évacuation des eaux de pluies, l’eau étant stagnant aux deux extrémités de la voie (puisque les rigoles sont inexistantes) et entrainant par ricochet une prolifération opportune de moustiques . Franchement, je me demande souvent si nous avons vraiment des intéllectuels dans ce pays. A quoi bon prévoir des voies si elles ne peuvent être pratiquables ? On devrait peut-être se vanter d’avoir à adidogomé une ribambelle de boulevards impratiquables, que dis-je, une ribambelle d’escaliers (entendez par là des voies dessinant de parfaites courbes oscillographiques) vous secouant fortement tout le long de votre trajet. Pauvre de ma grande mère qui dans sa soixante-dixième année et faible de ses maux de hanche, n’est pas moins obligée de vivre ce calvaire assise sur ma vieille moto sanili qui soufre dejà de cruels maux d’amortisseurs. Une chose est certaine, s’ils ne nous aident pas très tôt à trouver un boulot pour qu’on s’achète une Toyota Avensis, il ne reste pas moins qu’ils sont decidés à précipiter l’amortissement de nos engins à deux roues. Que font ces grands entrepreneurs, ces architectes, ces ingénieurs de ponts et chaussées pendant ces 365 jours pour qu’on soit obligé de vivre le même spectacle douloureux chaque année ?

J’ai pensé à déménager mais parait-il qu’à gbadagbo c’est la totale. Djidjolé aurait bien été mieux, encore faut-il que j’arrive à me trouver une place.

Bien à vous!

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