A ma Valentine ratée !

Crédit image : centerblog.com
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Mon amour,

Le syndrome de la page blanche… Il est 3h du matin, puis je pense à nous. Je vois l’horizon et je pense à cette journée qui se lève surtout. Les écouteurs dans les oreilles, dans ma playlist l’album « Entre Nord et Sud » de corneille. En tête à tête avec mes souvenirs, ces joies puis ces larmes, ces folies puis ces spleens. C’est le passé qui transpire.

 

Crédit image : xn--80aqafcrtq.cc
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Je pense… A ce qu’on aurait fait de cette journée. A ce qu’on serait devenu en ce jour, à deux idolâtres dont l’union ne serait que de pauvretés et de nobles sentiments. A ces deux idolâtres pétris de sagesse et d’intelligence que nous serions devenus et dont il aurait été facile de décrypter dans l’âme cette passion qui règne, dans les esprits cette sympathie vivifiante, et dans le corps cette envie cachée et délicate de toucher, de serrer contre soi, de posséder ce que l’on aime après tant de mystères.

J’aurais aimé qu’en ce jour, mes pensées se soient croisées comme les cordes d’un filet usé, que je puisse le temps d’un instant te faire une déclaration enflammée, un renouvellement de nos liens sacrés, alimenter cette flamme qui brûlerait en moi, que je puisse facilement le temps qui s’en suit poursuivre le désir d’un vieux cœur fou. Je puisse délicatement m’accrocher à un espoir, celui qu’enfin dans cette vie je puisse continuellement me mouvoir. Puis recommencer subtilement, le même devoir le lendemain, te dire parfois avec une bise sur le front, à demain. Ce devoir qu’est celui au quotidien, ma fleur exquise chaque fois que besoin, il y aura, de te tendre ma douce main.

Une main dans laquelle se trouverait mon fragile cœur, un cœur qui te désirerait avec tant d’ardeur et de patience sous la lueur diffuse de mon regard. Un regard admirant tes yeux d’ange, ta forme de déesse, ta beauté lumineuse et permanente qui me donnerait des raisons de croire que même à l’usure du temps, tu aurais toujours eu un éclat d’or. Eclat qui conserverait ce noble sentiment qui pour toi, d’aujourd’hui à éternellement, resterait aussi fort.

Source indispensable de bien-être, réserve inépuisable de savoir-faire, graine inconditionnelle de motivation, exemple essentiel de savoir-vivre, oui je te voulais ainsi. Tellement, ma main te voulait encore et toujours attraper qu’elle a dû supplier cupidon trop de ces malheureuses fois pour qu’il me décoche une flèche en plein cœur en oubliant de lui dire de tirer adroitement et indéfiniment sur l’autre, que tu as été, que tu es et que j’espère, tu seras.

J’étais d’ordinaire, prêt à damner mon âme pour un peu d’amour, ouvrir ma poitrine pour que mon cœur, cupidon en le voyant palpitant d’attente, y tire une flèche qui s’y visse bien. Oubliant que les liaisons sont des serments tacites que les yeux peuvent désapprouver mais que l’usage excuse et que la raison justifie.

Mais vois-tu, c’est justement parce que trop de larmes ont coulés, trop d’effrois ont resurgit, trop d’instabilités se sont installées, que cet Homme dont la voix résonne souvent et fermement ces dernières années au tréfonds de ce petit garçon que je suis, grâce à la chaleureuse complicité acquise entre les deux au fil des ans, a malheureusement ou heureusement appris à ne plus faire les choses instinctivement, une pincée d’adrénaline par moment mais ne plus rien faire naïvement. A être un homme attentionné, compréhensif avec qui il serait si facile de parler, à qui se confier, avec qui faire tantôt des railleries voire des gouailleries, tantôt avoir des discussions sérieuses, saines, objectives et constructives, et qui ne s’attendrait plus à des éloges et aux remerciements qu’il mérite pourtant. D’éviter de prendre ab irato des décisions qu’il regretterait plus tard comme par le passé.

A me comporter certes, en un véritable homme de cœur mais aussi de raison qui sait combiner le sens des responsabilités avec la capacité de donner, de mille et une façons. A m’évertuer à être au mieux, ce genre de perfectionniste qui s’applique à faire rimer, chaque jour de l’année, le mot de futur « père » avec « expert » de mille et une manières.

Pour ça, vois-tu, nul besoin que je te fasse un dessin, j’avais simplement besoin d’être réaliste, dur d’oreille peut-être, mais franc et sincère d’abord avec moi-même ensuite avec tous ceux que j’estimais véritablement. Pour le mortel que je suis, en raison de la médiocrité de mon esprit et de la courte durée de ma vie, je me devais de penser que le bonheur ne tient qu’à l’énergie des principes.

Surprenant, oui très surprenant quelque fois pour moi-même. Mais, est-il qu’en m’imprégnant au quotidien de l’idée de « comme on vit mal avec ceux que l’on connaît trop. Comme on vit mal avec ceux qu’on ne connaît pas du tout. Et de comme on vit bien avec ceux que l’on ne connaît pas trop. » 1  J’en suis arrivé à être de ceux-là qui avec les expériences, l’eau qui a coulé sous les ponts, ceux-là dont l’amer des larmes éteint facilement cette passion qu’est l’amour, a appris à conduire ses pensées non plus sur la même voie mais sur des voies plus réfléchies, plus mûries.

Cet Homme enfoui quelque part en moi, a dompté ma petite personne, en lui dictant les conduites à tenir dans les grands froids comme dans les chaleurs, les douces brises comme les tempêtes afin de nouer, de renouer au mieux les liens qui doivent, naturellement, nous unir. Exercice pas aisé et dont il ne s’agit que de la résultante de ces nombreuses ruptures, de ces tentatives sur tentatives, de ces échecs répétés à des succès occasionnels, et de ces quêtes indéfinissables.

Crédit image : lovedarlingtendress.skyrock.com
Crédit image : lovedarlingtendress.skyrock.com

Grain de folie, moment de joie, viennent des larmes, s’installent des regrets qui débouchent sur des résolutions. Celles qui parfois semblent déraisonnables. Mais pour un jeunot de mon âge, que pourrais-je faire d’autre que de tirer des leçons du passé et de m’évertuer à construire un futur exempte d’obstacles déjà connus ? Suis-je condamné à l’effroi ad vitam ?

Avec érosions et cassures même s’il a semblé tout oublier ce vieux cœur fou, a eu le temps de prendre ces coups de poussières, et de passer ce coup de pinceau efficient et efficace, qui suffisamment lui a donné des raisons de s’accorder de nouvelles chances aux moments qu’il jugerait opportuns.

Puisque le temps qui passe, devient le temps qui reste ; qu’aujourd’hui n’est qu’un jour de plus, même si c’est ce jour-là le plus fleuri de l’année. Puisque c’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une de ses épines nous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué. Puisque c’est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une vous a trahi, de ne plus croire en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allé dans la bonne direction comme le disait Saint Exupéry.

J’ai fini par ne plus tenir pour acquis tout l’amour qu’on reçoit à travers les paroles, les gestes et les sourires. Même si je sais qu’avoir ces affections de façon dévouée et attentionnée représente un privilège plus rare qu’on ne le croit. J’ai fini par ne plus écarter l’amour de ma vie en prétendant qu’il n’existe pas. Ne plus l’étouffer en insinuant que je n’en ai pas suffisamment. Le dissimuler en prétextant que je voulais plus en recevoir qu’en donner. Car en définitive, j’ai compris que le meilleur moyen de trouver l’amour est de le donner. Le meilleur moyen de le perdre est de le retenir prisonnier. Et le meilleur moyen de le garder est de lui donner des ailes.

J’ai fini par croire, oui j’ai fini par me résoudre à croire qu’ « il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Qu’il n’y a pas de raison de se presser, et que pour chaque fin, il y aura toujours un nouveau départ. » 2

En espérant, qu’à cette même date de l’année prochaine, nous serons ensemble pour matérialiser nos expectatives. Que soit si grand notre amour, que sa clameur grandissante ressemble à un champ de rose pour nous rendre heureux toute la vie. Que ce vieux cœur fou battra la chamade chaque fois en ta présence, en un grain de perpétuelle seconde, je pense à toi quidam.

Valentinement…

Until we meet.

Guillaume !

 

Annexes :

1- Chartier

2-Saint Exupéry

6 thoughts on “A ma Valentine ratée !

  1. like it.
    oui mon frere, pour chaque fin il y a un nouveau départ. et pas la peine de se presser. le meilleur est a venir. j’aime bien l’avant dernier paragraphe mais surtout le 7eme paragraphe : mais vois-tu, trop de larmes ont coulées…..hummm. c’est siiii…touchant…..

    mais ne t’inquietes pas. un jour ton coeur battra tellement la chamade que tu te demamdera si tu n’es pas sur le point d’avoir une crise. d’ici là, ciaoooooooo. bzzzzzzzz

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